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Peut-on mourir d’un ulcère à l’estomac : signes et urgences

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A group of people doing surgery in a dark room
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Oui, on peut mourir d’un ulcère à l’estomac, mais ce scénario reste rare et survient surtout lors de complications précises: une hémorragie digestive importante ou une perforation entraînant une péritonite. La bonne nouvelle, c’est que lorsque l’ulcère est identifié et pris en charge, le pronostic est excellent, avec plus de 95 % de cas évoluant favorablement.

En bref

  • La mortalité après hospitalisation pour hémorragie ulcéreuse est d’environ 4,5 % à 5 % dans les 30 jours.
  • Les deux grands dangers immédiats: saignement (vomissements de sang, méléna) et perforation (douleur brutale, ventre dur).
  • Les deux causes majeures: Helicobacter pylori et la prise d’AINS ou d’aspirine (au long cours notamment).
  • En cas de signes d’alerte, appelez le 15 ou allez aux urgences: le délai de prise en charge change tout.

Ulcère gastrique: de quoi parle-t-on exactement ?

Un ulcère est une plaie de la muqueuse de l’estomac ou du duodénum, dont la taille peut aller de plusieurs millimètres à plusieurs centimètres. C’est loin d’être rare: environ une personne sur 10 en aura un au cours de sa vie.

Ce qui déroute souvent, c’est l’écart entre l’image que l’on s’en fait et la réalité clinique. La douleur « typique » n’est présente que chez 40 % des personnes. Et je le constate régulièrement en consultation: plus on avance en âge, plus les formes peuvent être peu douloureuses, ce qui retarde l’alerte. Pour les ulcères duodénaux, la douleur est fréquemment décrite 2 à 3 heures après les repas, mais il existe de nombreuses présentations atypiques.

Pourquoi un ulcère survient-il ? Deux causes dominent

Soyons clair: dans l’immense majorité des situations, deux causes expliquent l’apparition d’un ulcère. D’abord Helicobacter pylori, une bactérie. Ensuite les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) et l’aspirine, surtout lorsqu’ils sont pris de façon répétée ou au long cours.

Pour H. pylori, les chiffres varient selon les sources et les populations, mais une donnée récente (mise à jour août 2024) indique qu’elle est impliquée dans 95 % des ulcères duodénaux et 70 % des ulcères gastriques. L’infection est généralement acquise dans l’enfance: si une personne n’est pas infectée avant 10 ans, le risque de le devenir ensuite est très faible. Sa fréquence dans la population dépend fortement des pays, avec des estimations allant d’environ 25 % à 30 % dans des pays industrialisés jusqu’à 80 % à 90 % dans des pays en voie de développement, et globalement 20 % à 90 % d’adultes infectés selon les pays.

a close up of a blood cell with red blood cells

 

Concernant les médicaments, il faut retenir un chiffre qui parle: les AINS sont rapportés comme responsables de plus de 50 % des ulcères gastro-duodénaux. Et lorsqu’un saignement survient, la présence d’un traitement qui fluidifie le sang peut compliquer la situation.

Quand l’ulcère devient dangereux: les complications qui menacent la vie

Le risque vital ne vient pas de « l’ulcère en soi », mais de ses complications. La plus fréquente est l’hémorragie digestive: l’ulcère peut éroder un vaisseau et provoquer une perte de sang rapide. Dans ce contexte, les données hospitalières rapportent une mortalité d’environ 4,5 % dans les 30 jours après une hémorragie ulcéreuse, et une estimation « avoisinant les 5 % » est également rapportée.

L’autre urgence absolue est la perforation: la paroi est traversée, le contenu digestif se répand dans l’abdomen, entraînant une péritonite qui nécessite une prise en charge chirurgicale. Plus l’intervention est tardive, plus le risque de décès augmente.

Il existe aussi des complications non immédiatement mortelles mais sérieuses: obstruction ou sténose après cicatrisation, ou pénétration dans un organe voisin. Enfin, un point souvent anxiogène mérite d’être posé avec mesure: dans 1 % des cas, un cancer de l’estomac est associé aux ulcères. Et un ulcère lié à H. pylori multiplie le risque de cancer gastrique par 3 à 6 fois.

Signes d’alerte: quand appeler le 15 ou aller aux urgences ?

Alors ne tournons plus autour du pot: ce sont les signes, plus que l’intensité habituelle de la douleur, qui doivent guider l’action. Une patiente me disait un jour: « Je ne voulais pas déranger, j’attendais que ça passe. » Ce réflexe est humain, mais lorsqu’il s’agit d’un saignement ou d’une perforation, il peut coûter cher.

a blood test tube with a blood dropper attached to it

 

  • Vomissements de sang (rouge vif) ou vomissements avec aspect « marc de café ».
  • Selles noires, collantes et malodorantes (méléna).
  • Grande faiblesse, vertiges, pâleur intense, sueurs froides (signes d’hémorragie importante).
  • Douleur abdominale soudaine, très violente, « en coup de poignard », avec ventre très dur (suspicion de perforation).

Si l’un de ces signes est présent, il ne s’agit pas d’attendre un rendez-vous : appelez le 15, rendez-vous aux urgences ou, si vous êtes à Nantes, adressez-vous à un praticien EMDR certifié à Nantes.

Examens et traitements: ce qui réduit concrètement le risque de décès

L’examen de référence est l’endoscopie haute (fibroscopie ou gastroscopie). Elle permet de confirmer l’ulcère, de réaliser des biopsies et, si nécessaire, d’effectuer des gestes d’hémostase en cas de saignement. En parallèle, des bilans biologiques (hémoglobine, plaquettes, coagulation) aident à mesurer l’impact du saignement et à ajuster la prise en charge.

Si une perforation est suspectée, l’imagerie, notamment la TDM, aide au diagnostic. Et en cas de péritonite, la prise en charge associe chirurgie d’urgence et antibiotiques IV.

Sur le versant médical, l’objectif est double: réduire l’acidité et traiter H. pylori quand elle est présente. Les IPP sont habituellement prescrits sur 4 à 8 semaines (certains protocoles évoquent 4 à 6 semaines). Pour l’éradication d’H. pylori, plusieurs schémas existent: la trithérapie (2 antibiotiques + 1 IPP) est rapportée à 70 % d’éradication sur 7 jours, avec des résultats parfois plus élevés selon les durées et les contextes; la quadrithérapie avec bismuth (Pylera) est rapportée avec une efficacité de l’ordre de 95 %. Les résistances expliquent en partie ces écarts, avec une résistance primaire rapportée d’environ 30 % à la clarithromycine et d’au moins 32 % au métronidazole en France.

Situation Ce que cela signifie Action attendue
Hémorragie ulcéreuse Risque de choc hémorragique; mortalité hospitalière rapportée ≈ 4,5 % à 5 % Urgences, endoscopie d’hémostase, surveillance, transfusion si nécessaire
Perforation Risque de péritonite généralisée; le retard augmente le risque de décès Urgences, TDM, chirurgie d’urgence + antibiotiques IV
Ulcère sans signe d’alerte Pronostic généralement favorable si diagnostiqué et traité Consultation, endoscopie si indiquée, IPP 4 à 8 semaines, recherche et traitement de H. pylori

 

Si vous prenez des AINS, de l’aspirine ou un anticoagulant: ce qu’il faut anticiper

Certains traitements augmentent la probabilité de saigner ou rendent un saignement plus difficile à contrôler. Les AINS sont un facteur majeur, et lorsqu’ils sont nécessaires au long cours, la prévention doit être discutée: rechercher et éradiquer H. pylori si elle est présente, et envisager un IPP prophylactique chez les personnes à risque (âge, antécédents d’ulcère, association avec anticoagulants ou antiplaquettaires). En cas d’hémorragie, l’ajustement ou l’arrêt d’un anticoagulant se décide au cas par cas, en équipe, pour équilibrer risque hémorragique et risque thrombotique.

Quand la peur monte, notre esprit cherche souvent à minimiser. Face à un saignement digestif ou une douleur « coup de poignard », la bonne décision est pourtant de demander de l’aide tout de suite.

 

  • Si vous pensez avoir un ulcère sans urgence: contactez votre médecin, évitez les AINS, notez vos médicaments (aspirine, anticoagulants) et vos symptômes.
  • Si un proche présente des signes de saignement: appelez le 15, évitez de donner à boire ou à manger en cas de vomissements importants, gardez la personne allongée si possible.
  • Pour le suivi d’H. pylori: un test respiratoire ou une recherche d’antigènes dans les selles se fait trois à quatre semaines après l’arrêt des IPP pour confirmer l’éradication. Cela compte, car la récidive est rapportée à 10 % si la bactérie est éradiquée, contre 50 % si elle ne l’est pas.

Hélène Caradec

Psychologue de métier, avec une dimension spirituelle. Rédactrice en chef.

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