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Comportement d’un ex encore amoureux : 10 signes fiables

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Sommaire

Vous pouvez observer des signes chez un·e ex sans jamais obtenir une « preuve » isolée qu’il ou elle aime encore. La méthode la plus protectrice consiste à trier ce que vous voyez en trois catégories: signes plutôt fiables, signes ambigus et signes alarmants, puis à répondre avec des limites claires. En tant que psychologue, je constate que ce tri apaise immédiatement: il remplace la chasse aux indices par une lecture plus juste, et surtout plus sûre.

En bref

  • Un comportement post-rupture peut traduire de l’amour, mais aussi un attachement non résolu, de la dépendance affective ou une tentative de contrôle.
  • Le repère le plus parlant n’est pas l’intensité, c’est la cohérence: respect de vos limites, efforts concrets, communication explicite.
  • Les signaux de contrôle, d’insistance malgré refus, de blocage-déblocage répété ou de menaces appellent d’abord une réponse de protection (preuves, sécurisation, aide).
  • Si vous restez accroché·e, envahi·e ou en détresse au-delà d’environ six mois, un accompagnement peut vous aider à sortir du flou.

Pourquoi les « signes » nous rendent souvent plus anxieux qu’ils ne nous aident

Après une rupture, nous cherchons du solide. Et nous tombons souvent sur des listes de « 6 comportements » ou « 12 signes », parfois « 19 signes », parfois « 5 signes évidents ». Le problème n’est pas la curiosité, elle est humaine. Le problème, c’est l’usage binaire: un geste devient une promesse, un silence devient une stratégie, un like devient une déclaration.

Je le dis avec prudence, parce que je vois les dégâts en consultation: la même conduite peut recouvrir des motivations opposées. Un contact répété peut être un désir de réparer, mais aussi une difficulté à tolérer la frustration. Un silence total peut être un apaisement, mais aussi une manière d’éviter le face-à-face. Et c’est exactement ce qui entretient l’obsession: vous cherchez le sens « caché » alors que le sens est dans le contexte, la durée, et la façon dont vos limites sont traitées.

Un élément déculpabilisant aide à respirer: une étude (Davis et al., 2018) indique que 70 % des individus ressentent un attachement émotionnel persistant12 mois après une rupture. Autrement dit: penser à l’autre, y revenir, hésiter, ce n’est pas rare. Mais cette persistance ne signifie pas automatiquement « il ou elle veut revenir », ni surtout « revenir serait bon pour nous ».

Le filtre qui change tout: amour, nostalgie, attachement persistant

 

Quand vous demandez « est-ce qu’il ou elle m’aime encore ? », vous posez souvent, en réalité, trois questions mélangées: « est-ce qu’il ou elle pense à moi ? », « est-ce que je compte encore ? », « est-ce qu’il ou elle est prêt·e à construire quelque chose de sain ? ». Pour éviter les confusions, je propose une distinction simple, très opérante: nostalgie versus attachement persistant.

« Quand la pensée disparaît en se changeant les idées, on est plutôt dans la nostalgie. En revanche, lorsqu’il existe un sentiment de perte durable, on parle d’attachement persistant. »

 

Ce repère ne dit pas « il ou elle vous aime » ou « il ou elle ne vous aime pas ». Il dit: est-ce ponctuel et léger, ou durable et douloureux ? Et surtout: comment cela se traduit-il dans les actes ? C’est ici qu’un cadre devient utile: la théorie de l’attachement.

La théorie de l’attachement pour interpréter sans vous perdre

La théorie de l’attachement (Bowlby, puis Hazan et Shaver) aide à comprendre pourquoi, face à la rupture, nous ne réagissons pas tous pareil. Sans enfermer personne dans une case, ce cadre décrit trois tendances: sécure, anxieuse, évitante. Ce n’est pas un diagnostic, c’est une grille de lecture.

Une personne à attachement plutôt sécure tend à chercher une discussion claire, à respecter un refus, et à faire des propositions cohérentes. Une personne plutôt anxieuse peut multiplier les tentatives de contact, osciller entre proximité et panique, et interpréter le silence comme une menace. Une personne plutôt évitante peut se protéger par la distance, minimiser, disparaître, puis revenir par à-coups quand l’émotion remonte.

Ce que cela change pour vous: vous ne regardez plus seulement « ce qu’il ou elle fait », mais comment il ou elle le fait, et comment vous vous sentez ensuite. Apaisé·e et respecté·e, ou agité·e, confus·e, en attente.

Tableau de lecture rapide: comportement observé et réponse qui vous protège

Comportement après la rupture Interprétations possibles Réponse utile pour vous
Textos ou appels fréquents amour et volonté de réparer, attachement anxieux, difficulté à lâcher prise demander une intention claire et poser une limite de fréquence
Recherche de prétextes pour vous voir tentative de lien, ambivalence, maintien d’habitude proposer un cadre neutre et court, ou refuser si cela vous déstabilise
Silence prolongé puis « percée » évitement, prise de distance, retour émotionnel tardif ne pas interpréter seul·e: demander une communication explicite
Likes et commentaires réguliers nostalgie, attachement persistant, surveillance douce ne pas en faire une preuve, regarder les actes hors réseaux
Blocage-déblocage répété instabilité, lutte interne, contrôle prioriser votre sécurité émotionnelle, limiter l’accès à vous
Jalousie envers vos fréquentations attachement, peur de perdre, besoin de contrôle rappeler vos limites, refuser toute négociation par jalousie
Insistance malgré un refus explicite intrusion, contrôle, harcèlement possible couper le contact, conserver des preuves, demander de l’aide

 

17 signes souvent interprétés comme « mon ex m’aime encore », classés par utilité

Soyons clair: aucun signe isolé n’est une preuve. Ce qui compte, c’est la répétition, la cohérence, et votre capacité à rester stable. Je vous propose une lecture en trois familles, parce qu’elle réduit le risque d’auto-intoxication: les signes plutôt forts (quand ils respectent vos limites), les signes ambigus (souvent liés à la nostalgie ou à l’attachement persistant), et les signes à risque (où la question n’est plus « m’aime-t-il ou elle ? » mais « suis-je en sécurité ? »).

traffic light with red light

 

Signes plutôt forts (à condition qu’ils soient respectueux et cohérents)

1. Efforts pour réparer (gestes, lettre, actes forts): c’est davantage parlant quand c’est répété et quand cela s’accompagne d’une parole claire, pas d’une scène émotionnelle. Votre réponse: demander ce qui change concrètement.

2. Recherche d’occasions de vous voir (sans vous coincer): cela peut signifier un désir de lien. Votre réponse: proposer un cadre neutre, court, et vérifier si vos limites sont respectées.

3. Demande d’explications longues après la rupture: parfois c’est une démarche de compréhension, parfois une manière de rouvrir le débat sans fin. Votre réponse: accepter une conversation cadrée, refuser le tribunal permanent.

4. Offres d’aide concrète (pratique, financière): elles peuvent signaler une présence. Votre réponse: n’acceptez que ce qui ne vous rend pas dépendant·e ni redevable.

5. Présence via des amis communs ou des événements: cela peut être une manière de rester proche. Votre réponse: vérifier l’intention, éviter les jeux d’influence.

Signes ambigus (ceux qui font le plus fantasmer)

6. Souvenirs et nostalgie (photos, anciens messages): la nostalgie touche tout le monde, surtout quand la douleur baisse. Votre réponse: regarder si cela débouche sur un projet, ou seulement sur une émotion.

7. Likes et commentaires réguliers sur les réseaux: ce n’est pas rien, mais ce n’est pas grand-chose non plus. Votre réponse: ne pas répondre par des sous-entendus, privilégier le réel.

8. Proposition de « rester amis » ou contact ambivalent: cela peut être une transition, ou une façon de garder une place sans s’engager. Votre réponse: dire ce qui est possible pour vous, maintenant, sans vous abîmer.

a close up of a person holding another person's hand

 

9. Messages émotionnels tardifs (par exemple après alcool): ils sont souvent intenses et rarement structurants. Votre réponse: remettre la discussion à un moment sobre.

10. Silence prolongé puis retour (par exemple absence 3 semaines puis message): certains se régulent en disparaissant. Votre réponse: demander une explication simple et une intention claire.

11. Projets évoqués naguère (emménagement annulé, mais reparlé): cela peut être un regret ou un appel. Votre réponse: demander ce qui est faisable aujourd’hui, pas hier.

12. Refus de rendre des affaires ou, à l’inverse, grand geste de restitution: parfois c’est logistique, parfois symbolique. Votre réponse: cadrer l’échange, éviter que cela devienne un prétexte à se revoir sans but.

Signes à risque (ils peuvent mimer l’amour, mais ils l’abîment)

13. Tentatives de contrôle (sur vos fréquentations, votre emploi du temps): ce n’est pas une preuve d’amour, c’est un signal d’alerte. Votre réponse: stop net, limites écrites.

14. Insistance malgré refus et contacts répétés: ce n’est plus une reconquête, c’est une intrusion. Votre réponse: couper le contact et documenter.

15. Blocage-déblocage répété: l’instabilité peut créer une dépendance chez la personne qui attend. Votre réponse: vous protéger, réduire l’accès à vous.

16. Menaces: ce point ne se négocie pas. Votre réponse: demander de l’aide et engager des démarches.

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17. Suivi constant ou pression via enfants et biens: on sort du champ « sentimental ». Votre réponse: sécurité d’abord, preuves et accompagnement.

Un repère simple pour prioriser: respect, efforts mutuels, connexion émotionnelle

Quand une relation peut se reconstruire sainement, trois éléments reviennent dans les récits: connexion émotionnelle, respect, efforts mutuels. Pas des preuves spectaculaires, pas des déclarations enflammées, mais une constance. Et, surtout, une capacité à entendre « non » sans punir, sans disparaître pour faire peur, sans revenir pour tester.

J’entends souvent: « mais il ou elle me cherche, donc il ou elle m’aime ». Je précise qu’il est important de différencier vous chercher et vous choisir. Vous chercher peut calmer une angoisse. Vous choisir implique un engagement explicite, et un comportement stable.

Quand le comportement devient intrusif ou dangereux: votre plan de protection

Il est temps de parler de ce que beaucoup minimisent, par honte ou par peur d’exagérer. Suivi, contacts répétés malgré refus, menaces, contrôle, blocage-déblocage, pression: ces conduites peuvent s’apparenter à de l’obsession ou du harcèlement. Et ce n’est pas votre rôle de « comprendre » quand votre sécurité émotionnelle ou physique est entamée.

  • Mettre fin au contact quand vous avez exprimé un refus et qu’il n’est pas respecté.
  • Documenter: captures d’écran, dates, horaires, conservation des preuves, y compris vos refus explicites.
  • Sécuriser: comptes, mots de passe si nécessaire, itinéraires et routine si vous vous sentez surveillé·e, et prévenir des proches.

Dans les situations de menace ou de répétition malgré refus, des démarches existent, y compris le dépôt de plainte. Vous n’avez pas à attendre que « ce soit pire » pour réagir. Et ne pas répondre, dans certains cas, évite d’alimenter l’escalade.

Que faire maintenant: trois stratégies selon votre objectif

Votre objectif change tout. Cherchez-vous à vous protéger, à explorer une réconciliation, ou à reconstruire votre vie sans attendre un signe de plus ? Les mêmes comportements n’appellent pas la même réponse.

Stratégie A: se protéger et tourner la page (no-contact)

Le no-contact n’est pas une punition. C’est une mesure d’hygiène psychique quand chaque interaction rouvre la plaie. Il fonctionne d’autant mieux qu’il est structuré dans le temps, notamment sur 30 à 90 jours, avec une attention particulière aux deux premières semaines.

Stratégie B: envisager une relance réfléchie

Si vous souhaitez une reprise de lien, ne testez pas, n’espionnez pas. Demandez une communication explicite. Les préalables qui vous protègent sont simples: respect de vos limites, qualité passée de la relation, motivations claires, et capacité à parler sans vous faire payer la rupture. Une rencontre neutre et brève vaut mieux qu’un échange nocturne chargé.

a group of people sitting around a conference table

 

Stratégie C: reprendre sa vie, sans relation « pansement »

La tentation, après la rupture, est de combler le vide. Paradoxalement, cela peut prolonger l’attachement au lieu de le dissoudre. L’enjeu est de reconstruire une base interne: retrouver des activités, des appuis, et une vie qui ne dépend pas d’un message vu sans réponse.

  • Ne prenez pas de décision impulsive quand l’émotion est au pic, qu’il s’agisse de retourner vers l’ex ou de vous engager ailleurs.
  • Attendez une parole claire, pas un faisceau d’indices.
  • Comparez votre qualité de vie: dans la relation, juste après la rupture, et aujourd’hui.

Scripts prêts à l’emploi: dire non, poser un cadre, proposer un échange neutre

Quand on est bouleversé·e, on se perd dans les explications. Un message court, stable, vous protège et évite l’escalade.

Poser une limite: « Je ne souhaite pas entretenir de contact pour l’instant. Si tu veux parler à l’avenir, fais-le de façon respectueuse. »

Refuser une relance ivre: « Je ne réponds pas aux messages quand tu es ivre. Si tu veux discuter, faisons-le sobrement et avec respect. »

Demander un échange neutre: « Si tu veux qu’on parle, je suis d’accord pour un rendez-vous court, dans un lieu neutre, sur un sujet précis. Dis-moi ce que tu souhaites clarifier. »

Récupérer des affaires: « Pour les affaires, je propose deux créneaux: [date/heure] ou [date/heure]. Merci de me confirmer celui que tu choisis. »

Une vignette clinique: quand la visite hebdomadaire n’est pas une décision

Une patiente me racontait une histoire qui ressemble à beaucoup d’autres: après une relation de plus de deux ans, et un projet d’emménagement avorté, l’ex continuait de venir au moins une fois par semaine malgré la distance. Pendant quatre mois, cela donnait l’illusion d’un retour possible. Puis une distance s’est installée, une absence de trois semaines, un appel, un déplacement pour parler, puis une lettre et des actes forts. Et pourtant, pas de réengagement. Puis à nouveau le silence, et un message vu, sans réponse.

Ce que ce type de chronologie enseigne est souvent douloureux, mais libérateur: maintenir une habitude n’est pas porter un projet. L’attachement peut pousser à rester en orbite, sans que la personne soit prête à choisir. Quand vous êtes face à cela, la question utile devient: « quelle est ton intention, concrètement ? » Et si la réponse reste floue, votre limite est une forme de respect de vous-même.

Quand consulter: le repère du temps et celui de l’impact

La douleur après rupture est fréquente, et l’attachement persistant aussi, y compris longtemps après. Le chiffre de Davis et al. (2018) sur les 70 % à 12 mois sert à normaliser, pas à banaliser. Si, au-delà d’environ six mois, vous vous sentez bloqué·e, envahi·e, ou si votre fonctionnement (sommeil, travail) se dégrade, un accompagnement peut vous aider. De même si vous vivez une situation de harcèlement, ou si poser des limites vous paraît impossible.

Selon la situation, l’aide peut prendre plusieurs formes : thérapie individuelle, thérapie de couple si une réconciliation est envisagée, groupe de soutien, ou ressources juridiques en cas d’intrusion ; lorsque l’on fait face à une crise dans le couple, des étapes claires peuvent aussi aider à sauver la relation. Il n’y a pas de médaille à gagner en traversant cela seul·e.

Au fond, la question « est-ce qu’il ou elle m’aime encore ? » mérite d’être complétée par une autre, plus protectrice: « est-ce que ce lien, tel qu’il se manifeste aujourd’hui, prend soin de moi, ou me maintient dans l’attente ? ». Quand vous avez cette réponse, vous avez déjà retrouvé une part de votre pouvoir d’agir.

Hélène Caradec

Psychologue de métier, avec une dimension spirituelle. Rédactrice en chef.

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