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Quand une douleur dentaire devient intense, on cherche une réponse immédiate, simple, et surtout sûre. Nous pouvons gagner de précieuses heures en combinant des gestes de première intention et des antalgiques bien choisis, tout en gardant en tête une réalité clinique: soulager n’est pas soigner la cause (carie, pulpite, abcès), et un dentiste reste l’étape qui règle le problème.
En bref
- Vérifiez d’abord l’urgence: fièvre > 38°C, gonflement bouche ou cou, pus, gêne pour avaler ou respirer, ou douleur qui dure > 2 jours.
- 1er choix: paracétamol, en respectant strictement la dose maximale journalière indiquée sur votre boîte.
- Si insuffisant: ajouter un AINS (ibuprofène) si aucune contre-indication, seul ou en alternance avec le paracétamol.
- Antibiotiques et codéine: uniquement sur avis médical, selon le contexte.
Que faire maintenant: un protocole simple
En consultation, je vois régulièrement des personnes épuisées, qui ont « tenu » en serrant les dents, puis se retrouvent à multiplier les prises au hasard. Soyons clair: la priorité est double, calmer la douleur et repérer ce qui impose une prise en charge rapide.
- Étape 0: si vous avez une difficulté à respirer ou à avaler, appelez les urgences. Consultez aussi en urgence si fièvre > 38°C, gonflement de la bouche ou du cou, pus, ou douleur persistante > 2 jours.
- Étape 1: rincez à l’eau tiède. Si une infection est suspectée, un bain de bouche à l’iode est conseillé. Vous pouvez appliquer un cold-hot pack plusieurs fois par jour (toujours avec un tissu entre la peau et la poche).
Les médicaments: quoi prendre, et comment l’associer
Paracétamol: plusieurs schémas existent selon les notices. Exemples cités: 500 mg à 1000 mg toutes les 4 à 6 heures, ou 1 à 2 comprimés de 500 mg, 3 à 4 fois par jour, en respectant le maximum par jour indiqué (des maxima différents sont parfois mentionnés: 3000 mg ou 4 g). Ce point mérite une vérification attentive sur votre boîte et, en cas de doute, auprès d’un professionnel. Le risque majeur est le surdosage hépatotoxique.
Ibuprofène (AINS): utile quand la douleur est inflammatoire, parfois avec un effet sur l’œdème. Schémas cités: 400 mg toutes les 6 à 8 heures, parfois 400 mg à 600 mg toutes les 6 à 8 heures, avec des doses maximales journalières rapportées comme variables (1200 mg, 2400 mg, 3200 mg selon les occurrences). Retenez surtout ceci: ne dépassez pas le maximum de votre notice. Évitez en cas de gastrite, ulcère, saignement digestif, antécédent cardiovasculaire, insuffisance rénale, asthme pouvant être aggravé, ou si vous prenez des anticoagulants (exemple cité: warfarine). Les AINS peuvent aussi masquer des signes d’infection.
| Option | Schéma cité | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Paracétamol seul | 500 à 1000 mg toutes les 4 à 6 h | Respect du maximum journalier, risque hépatique en surdosage |
| Ajout d’ibuprofène | 400 mg toutes les 6 à 8 h | Contre-indications digestives, rénales, cardio, asthme, anticoagulants |
| Alternance | Paracétamol puis 4 à 6 h après ibuprofène, si besoin | Garder des intervalles réguliers, ne pas dépasser les maxima |
Ce qu’il faut éviter de décider seul
Codéine + paracétamol: schéma cité 1 à 2 comprimés toutes les 6 heures, maximum 6 comprimés par 24 heures. Ce sont des options réservées aux douleurs non soulagées, avec un risque de dépendance et des contre-indications (enfants et adolescents, grossesse et allaitement, insuffisance respiratoire, troubles hépatiques ou rénaux). Cela se discute avec un professionnel, pas dans l’urgence en auto-traitement.

Antibiotiques: ils ne sont indiqués que si une infection est confirmée par un dentiste, notamment en cas de pus, gonflement important, fièvre > 38°C, diffusion de l’infection, ou douleur qui dure. Exemple de posologie citée: amoxicilline 500 mg toutes les 8 heures. L’auto-prescription favorise la résistance bactérienne.
Anesthésiques topiques: la benzocaïne peut soulager vite, mais expose à des effets graves (métémoglobinémie, troubles cardiaques, convulsions, perte de connaissance, arrêt cardiaque ou respiratoire). Doses citées: 0,5 g de gel, maximum 2 g par jour, et contre-indication chez les moins de 2 ans. Pour la lidocaïne, doses citées: 1 à 5 g, maximum 20 g par jour, avec une mention de limite d’âge à respecter. Si vous vous surprenez à en remettre « pour tenir », c’est souvent le signe qu’il est temps d’appeler.
« La douleur dentaire a cette particularité: elle envahit tout l’espace mental. La traiter avec méthode, c’est se protéger de décisions impulsives, et se donner les meilleures chances d’être soulagé sans se mettre en danger. »
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